Attention : allergies ! La région Auvergne-Rhône-Alpes est encore plus touchée que les autres par l’ambroisie.

90% des signalements d’ambroisie pour la France se trouvent en Auvergne-Rhône-Alpes. Dans les secteurs les plus touchés on atteint un pic d’allergies presque deux fois plus élevé que la moyenne. Très allergène, invasive et plutôt coriace : l’ambroisie fait l’objet d’une lutte sévère.

C’est dans le département de l’Allier que l’ambroisie a été signalée pour la toute première fois en France. Désormais, on s’inquiète de son infernale progression sur le territoire hexagonal. Et encore plus en Auvergne-Rhône-Alpes.

Les toutes premières graines seraient arrivées d’Amérique du Nord, dans l’Allier vers 1860, avec des semences fourragères. Puis la Première Guerre mondiale en a ramené dans le fourrage des chevaux sur les zones de stationnement de la cavalerie Américaine. Les échanges du XXe siècle ont fait le reste.

L’espèce invasive fait l’objet d’un plan de lutte national. Et en Auvergne, trois des quatre préfets départementaux (la Haute-Loire y travaille encore) viennent réactualiser et renforcer les arrêtés imposant sa régulation.

Peu de charme, plein de soucis

Cette grande plante, toute en tige ou à port buissonnant, est arrivée d’Amérique du Nord sans rien de plus à offrir que sa ténacité d’herbe pionnière sur les terres en friches.

Son surnom en dit long sur la manière dont elle est appréciée. « L’herbe à poux », n’est ni gustative, ni médicinale, ni même jolie… Mais source de nombreux ennuis !

L’ambroisie est à l’origine de nombreuses pathologies liées à la dissémination de son pollen. Et en premier lieu d’allergies pouvant amener des symptômes sévères.

Quelle progression en 2018 ?

Le pic de dissémination 2019 s’est achevé sur un constat de progression sur la France, où seuls les territoires au Nord de Paris sont encore épargnés.

La région Auvergne-Rhône-Alpes reste la plus touchée sur les cartes de dissémination. « On est entre 10.000 et 11.000 signalements au 31 octobre 2019. Et 90 % de ces signalements concernent notre région », confirme la Fredon.

En pointillés rouges sur la carte de signalements nationale, le couloir rhodanien, les Limagnes et les secteurs de grandes cultures de l’Allier sautent aux yeux. Mais il faut toutefois corréler cette donnée avec le travail de sensibilisation qui est mené dans ces mêmes secteurs.

L’Association de lutte AEI demande « le classement de l’espèce comme « nuisible à l’agriculture, ce qui amènerait des éléments de réglementation plus puissants et des outils de compensation pour les agriculteurs obligés de détruire leurs cultures ». Certaines parcelles peuvent être contaminées à plus de 40 %. La production doit alors être broyée.

En Auvergne notamment, la lutte s’est organisée autour de référents communaux et intercommunaux formés à la sensibilisation du public et à la lutte contre la prolifération de l’espèce invasive. L’ambroisie est donc, peut-être, repérée et signalée plus systématiquement qu’ailleurs.

Le nord de l’Auvergne est particulièrement touché

Au 31 octobre, 659 signalements d’ambroisie ont été rapportés à la Fredon, dont 376 validés par les correspondants formés.

En majorité, cela concernait des bords de routes et chemins (240 signalements) et des parcelles agricoles (200). Cette année, toutefois, aucun agriculteur auvergnat ne s’est trouvé en situation de devoir broyer sa récolte.

Frédéric Caray, chargé d’animer le plan de lutte que la région Auvergne-Rhône-Alpes a confié à la Fédération régionale de lutte et de défense contre les organismes nuisibles (Fredon), explique qu’il est toutefois courant de voir des parcelles contaminées à plus de 20%.

Plus d’allergiques que la moyenne dans certains secteurs

660.000 personnes seraient allergiques à l’Ambroisie en région Auvergne.

40,6 M€. C’est la dépense publique associée à ces allergies : consultations, dépistages, prises en charges, antihistaminiques et autres médicaments…

12 à 21 % de la population seraient allergiques à l’ambroisie en Auvergne-Rhône-Alpes : 12 % pour la moyenne régionale ; 21 % dans les plaines agricoles et secteurs de forte implantation.

Anne Bourges

(Source : La Montagne, 31 octobre 2019)

Auteur de l’article : AEI