Ambroisie : le désarroi des élus

COMMUNIQUE DE PRESSE – A l’occasion des journées de lutte contre les ambroisies (15 au 30 juin 2020)

L’AEI (Alliance contre les Espèces Invasives) publie les résultats de l’enquête sur l’ambroisie et les espèces invasives menée auprès d’élus, agents territoriaux et représentants professionnels.

  • Les gestionnaires d’espace n’ont pas assez de moyens techniques pour lutter contre l’ambroisie pour 87% des personnes interrogées.
  • 53% estiment qu’il faut donner des moyens techniques supplémentaires aux agriculteurs.

Une semaine avant la journée internationale des ambroisies, lundi 22 juin, l’AEI rend public les résultats de son enquête sur l’ambroisie et les espèces invasives menée l’hiver dernier[1] auprès des élus de la Charente et de la Drôme, deux départements très touchés par le fléau de l’ambroisie et donc significatifs quant à la lutte qui doit être menée. Les résultats mettent en évidence la menace réelle que représente cette espèce invasive et la nécessité d’une lutte globale et mieux coordonnée.

Une enquête qui met en lumière la menace de l’ambroisie sur l’ensemble de la société

La question des espèces invasives concerne 85% des personnes interrogées – élus, agents des collectivités locales ou représentants du monde agricole. Parmi ces espèces, la plus nuisible est de loin l’ambroisie : 80% des personnes se sentent concernées. Cette espèce menace l’ensemble de la société : les agriculteurs sont les premiers touchés pour 38% des répondants, les collectivités pour 34% et le grand public pour 29%. 

Celles-ci estiment à une très large majorité (87%) que les gestionnaires d’espaces n’ont pas suffisamment de moyens pour y faire face. Pour cette raison, un consensus se dégage (84%) pour rendre la lutte contre l’ambroisie obligatoire. S’il faut continuer à sensibiliser le grand public pour 62% des personnes, 53% estiment qu’il faut aussi donner des moyens techniques supplémentaires pour les agriculteurs et 46% que l’action des collectivités doit être mieux coordonnée. ¾ des répondants sont favorables à la reconnaissance de l’ambroisie comme organisme nuisible à l’agriculture, afin de permettre l’indemnisation des agriculteurs dont les cultures sont impactées par l’ambroisie.

La nécessité d’une lutte globale et coordonnée

Pour protéger la santé publique, sauvegarder les rendements agricoles et préserver la biodiversité, la lutte contre l’ambroisie est une nécessité impérieuse. Elle doit être menée selon une vision globale, en prenant en compte l’ensemble des paramètres sanitaires, environnementaux et agricoles.

L’ambroisie est un vrai casse-tête pour les agriculteurs. L’ambroisie, qui contamine les champs de tournesol, doit pouvoir être combattue efficacement, d’autant que le tournesol est une plante très pertinente à la fois sur le plan agronomique et pour la biodiversité. Ceux-ci doivent non seulement bénéficier des solutions adéquates, mais également ne pas subir de contraintes supplémentaires.  C’est le cas notamment des VTH (Variétés Tolérantes aux Herbicides) qui ont fait la preuve de leur efficacité.

Du côté des collectivités locales, la nomination de référents ambroisie doit se poursuivre. Ces référents doivent absolument bénéficier d’une formation à la lutte contre l’ambroisie. La lutte contre l’ambroisie doit être rendue obligatoire, mais elle doit aussi être mieux coordonnée car l’ambroisie ne connait pas les limites des communes, départements, régions.

L’ambroisie : une espèce invasive nuisible à la santé publique, à l’agriculture et à l’environnement

L’ambroisie est une plante originaire d’Amérique du Nord, qui colonise peu à peu tout le territoire métropolitain depuis son arrivée en France en 1863. Les régions Auvergne-Rhône-Alpes et Nouvelle-Aquitaine sont particulièrement touchées. Elle provoque des nuisances considérables sur la santé publique, sur l’agriculture et sur l’environnement :

  • Sur la santé publique. Son pollen provoque une réaction allergique qui peut être grave : rhinite sévère avec ou sans conjonctivite, compliquée fréquemment de trachéite et d’asthme ou d’une atteinte cutanée (urticaire, eczéma) et toujours d’une grande fatigue. L’asthme touche les personnes allergiques à l’ambroisie, ce qui revient à dire qu’il s’agit d’une véritable maladie. Selon l’Observatoire des ambroisies, 10% de la population Auvergne-Rhône-Alpes a reçu des soins en lien avec le pollen d’ambroisie, pour un coût global de plus de 40 millions d’euros. Si toute la France était autant touchée que cette région, 5,3 millions de personnes seraient allergiques, pour 329 millions d’euros de dépenses de soins.
  • Sur l’agriculture. L’ambroisie est une plante adventice concurrentielle de certaines cultures, en particulier du tournesol. Pour les agriculteurs concernés, elle induit des pertes de rendement, des charges de désherbage et de travail du sol et une dévaluation des terres.
  • Sur l’environnement. Espèce très envahissante, l’ambroisie provoque une perte de biodiversité significative et un envahissement des bords de cours d’eau.
L’AEI porte auprès de l’Etat trois revendications fortes pour que celui-ci soit à la hauteur du problème :

1. Faire reconnaître la pollution aérobiologique au même niveau que la pollution chimique – car les polluants organiques altèrent la qualité de l’air, au même titre que les polluants chimiques ;  

2. Inscrire l’ambroisie comme organisme nuisible à l’agriculture – afin de rendre sa lutte obligatoire sur l’ensemble du territoire français. Les agriculteurs sont les premières victimes de l’ambroisie !  

3. Rendre la lutte contre l’ambroisie véritablement obligatoire et revoir les compétences des différentes collectivités – il est en effet impératif de ne pas laisser les maires seuls dans le combat contre les espèces invasives. 
CHIFFRES-CLES DE L’ENQUÊTE :

85% des personnes interrogées se sentent concernées par les espèces invasives et 80% par l’ambroisie ;

Les premiers touchés sont les agriculteurs pour 38%, les collectivités pour 34% et le grand public pour 29%.

87% pensent que les gestionnaires d’espaces n’ont pas suffisamment de moyens pour y faire face.

84% pensent qu’il faut rendre la lutte contre l’ambroisie obligatoire. Les actions prioritaires sont la sensibilisation du grand public (62%), les moyens techniques donnés aux agriculteurs (53%), la coordination des collectivités (46%), l’indemnisation des agriculteurs (41%), l’utilisation de désherbants par les collectivités (26%) et les sanctions (21%).

46% pensent que l’action des collectivités doit être mieux coordonnée. ¾ des répondants sont favorables à la reconnaissance de l’ambroisie comme organisme nuisible à l’agriculture, afin de permettre l’indemnisation des agriculteurs dont les cultures sont impactées par l’ambroisie.  

www.especes-invasives.fr

Contacts presse :

Vincent You, élu en Charente : v.you@mairie-angouleme.fr

Philippe de Goustine, conseiller municipal dans la Drôme et président de l’association Stop Ambroisie : stop.ambroisie@gmail.com

contact@especes-invasives.fr – 07 83 33 40 13


[1] Enquête réalisée du 5 au 31 janvier 2020 auprès d’élus, agents territoriaux et représentants professionnels (109 personnes interviewées)

Auteur de l’article : AEI